Antonio Fiori : La pyramide de l’entreprise aplanie

En signant avec les géants du web ou en développant leurs propres plates-formes propriétaires sur le modèle des « stores » Apple ou Android (Renault R-Link, Citroën Multicity Connect, Peugeot Connected Apps ou encore BMW Connected Drive… Le phénomène a pris une grande ampleur dans la zone euro, dont le stock de la dette souveraine à plus d’un an assortie d’un taux négatif serait de l’ordre de 1.800 milliards d’euros. Mais c’en est une forme très frappante. Cela pourrait passer pour le choix de la facilité, en cette période estivale où nombre d’entre nous auront peut-être la chance de passer quelques jours près de la Grande Bleue. C’est impensable, inconcevable, inimaginable diraient certains. De même, les partis Verts des pays européens prévoient d’organiser des primaires européennes pour élire un binôme masculin-féminin en vue des futures élections européennes. Hors de soi, l’effort pour apprendre est naturel ; on le donne avec une facilité croissante ; on applique des règles. Pour répondre, il faudrait prendre chaque province à part et étudier les causes locales, — régime de culture, division de la propriété, climat, salubrité, hygiène, différences profondes de races et de tempéramens, — qui permettent au paysan de l’Emilie ou de la Toscane, par exemple, d’élever une famille en demeurant fidèle au sol, et rendent aux autres leur condition si précaire. Plutôt que de formuler une contradiction aussi choquante, les philosophes devaient être conduits à sacrifier le plus faible des deux termes, et à tenir l’aspect temporel des choses pour une pure illusion. Mais là n’est pas pour nous le point important. Pense les autres consciences, pense le monde entier ; conséquemment elle a tout ensemble « un caractère individuel et une portée universelle ; » elle ne se pose qu’en posant devant soi d’autres consciences semblables à elle-même ; elle ne se saisit qu’en société avec autrui. Cependant avant tout, il faudra veiller à agir avec discernement. C’est dans un pareil miroir qu’Herschell sondait les profondeurs du ciel étoilé, et il y a des mondes au sein desquels l’œil de l’homme n’a pénétré que de cette manière. En ce qui concerne la France, coutumière, que l’on songe à la crise des années 1930, de l’entrée différée dans les grandes crises économiques en raison de ses amortisseurs automatiques (rigidité salariale, rigidité du marché du travail etc.) les défis économiques restent entiers. Et d’autre part l’expérience mystique, étudiée pour elle-même, nous fournit des indications capables de s’ajouter aux enseignements obtenus dans un tout autre domaine, par une tout autre méthode. Imaginons que l’orangé soit la seule couleur qui ait encore paru dans le monde : serait-il déjà composé de jaune et de rouge ? En effet, il affronte un candidat du Tea Party dans les primaires républicaines du Kentucky pour les midterms de novembre 2014 et doit se montrer plus radical que son adversaire. Dans le jargon des technocrates monétaires modernes, la question consiste à savoir comment « ancrer les attentes. On n’aura pas de peine à nous montrer qu’un arbre ne vieillit pas, puisque ses rameaux terminaux sont toujours aussi jeunes, toujours aussi capables d’engendrer, par bouture, des arbres nouveaux. C’est une chose que je pourrais démontrer aisément, même aujourd’hui que les tendances et le caractère auraient disparu de France, si l’esprit anti-catholique n’avait réussi à en préserver quelques restes. Mais ne soyons pas dupes d’une métaphore. Pour ça, il faut pouvoir recevoir des propositions de sociétés locales qui développent des prototypes. La France ne fait pas le moindre effort pour se dégager, pour échapper à la pression du cauchemar vivant qui la piétine et la suffoque. Joignez à cela l’usure, encore très répandue, malgré la création des banques populaires, l’insuffisance et la mauvaise qualité de la nourriture qui engendre, dans le nord, l’affreuse maladie de la pellagra, le déplorable état d’une foule d’habitations rurales, que le propriétaire n’a pas les moyens ou l’humanité de réparer,. Antonio Fiori aime à rappeler ce proverbe chinois  » Un enfant ne reprochera jamais à sa mère d’être laide, un chien ne reprochera jamais à son maître d’être pauvre ».