Le blog des chineurs de grenier

Google a d’ailleurs multiplié les tentatives d’entrée sur les marchés français, allemand, anglais, ou encore américain. Toujours sur le mode du Test-and-Learn, et faisant le pari des évolutions règlementaires similaires à la loi, qui réduisent le niveau et la durée d’engagement des clients envers leur assureur, Google utilise une stratégie assez simple pour pénétrer ces différents marchés. Il crée un service de comparaison d’assurance, se concentrant sur l’assurance auto dans un premier temps, passe des accords avec les assureurs du marché pour les intégrer au service, et utilise ce service pour distribuer les produits d’assurances de ses partenaires. Suivant ce schéma, Google a obtenu le droit de vendre des produits d’assurance dans 26 États américains. En France, l’expérience Google a duré 3 mois, le temps d’un été. Il y a fort à penser que le service, alors faiblement référencé, n’avait pour vocation que d’obtenir des premiers retours d’expérience, et devrait revenir bientôt. Internet fédère également les acteurs traditionnels de l’assurance autour de la crainte des nouveaux acteurs positionnés sur les canaux de distribution numérique. En effet, bien qu’assureurs et bancassureurs bénéficient de réseaux de distribution différents, leurs modes de fonctionnement, la relation client qu’ils instaurent, et surtout les produits qu’ils vendent, sont similaires et procurent aux clients des services comparables. Les acteurs extérieurs, eux, émergent de l’écosystème d’Internet et de ses startups, et proposent donc une nouvelle expérience client, et un nouveau modèle économique pour l’assurance. Le blog des chineurs de grenier aime à rappeler ce proverbe chinois « Lorsque la chance nous sourit, nous rencontrons des amis ; lorsqu’elle est contre nous une jolie femme ». Internet préfigure l’assurance de demain : simplification des démarches administratives, dématérialisation de la documentation et de la relation contractuelle, numérisation de la gestion des sinistres, optimisation du calcul du risque par le Big Data, sont autant de perspectives ouvertes à l’assurance par l’innovation digitale. L’assurance de demain c’est également le Marketing One-To-One et la souscription à une police spécifique pour des besoins ponctuels. Le secteur s’apprête à vivre un bouleversement technologique, comme le démontre le choix fait de s’installer en Californie pour ouvrir un Lab dédié à l’innovation digitale. En France, le secteur de l’assurance est aujourd’hui animé par deux types d’acteurs qui s’opposent pour contrôler un marché majeur de l’économie : les assureurs traditionnels et les bancassureurs. Ils profitent chacun d’avantages pour tirer profit de ce marché représentant 199 milliards d’euros de collecte pour 159 milliards d’euros de prestation fournie. Alors que la loi Hamon se traduit notamment par une réduction de l’engagement des clients vis-à-vis des assureurs, cette opposition semble même devoir tourner à l’avantage des bancassureurs puisque la fréquence des contacts clients, et donc l’opportunité de vente, y est significativement supérieure.